Je hurle. Je me réveille. Le cri s'échappe, je n'ai pas su le retenir. Il devait sortir. Je tremble. J'ai chaud, froid, je ne sais plus, je sais juste que ça ne va pas. Que j'ai mal, quelque part. Peut-être seulement dans ma tête. Tout est suspendu, le temps s'est arrêté, l'instant dure, le cri aussi, il flotte, comme un souvenir, ou un serpent qui ondoie dans l'eau. Maintenant c'est le silence qui retentit. Il empli tout l'espace, il vient heurter mes tympans, violemment. Il est assourdissant, insupportable. L'écho a disparut, il ne me rassure plus. Je ne sais plus si j'existe, si je rêve, si j'ai vraiment hurlé. Le rêve revient. Le goût amer aussi. Les larmes font leur entrée, silencieuses d'abord, quand elles quittent le rideau noir. Puis tout s'emballe, les tressautements et les spasmes, je panique. Les sanglots hurlent, brûlent et dévastent tout sur leur passage. J'attends une présence qui ne vient pas, qui ne me serre pas dans ses bras, pour me calmer, me protéger de l'irrationnel. De toute façon, cela aurait-il changé quoique ce soit ? Rien n'est moins sûr. On n'est jamais aussi seul que quand on rêve.
Au passage, je suis admise en Khâgne ;)Pict by Moi