Quelqu'un dut lui apparemment finir par lui retirer le poignard. Les larmes qui ruisselaient le long de ses joues brûlaient comme du vitriol. Dix corbeaux féroces lui labouraient le visage avec leurs serres et en arrachaient des lambeaux de chair, y laissant de profonds sillons pourpres et sanguinolents. Le sang, elle en avait la saveur âcre sur les lèvres.
Cela fait si mal, si mal, songea-t-elle. Nos enfants, Ned, tous nos chers petits. Rickon, Bran, Arya, Sansa, Robb... Robb..., pitié, Ned, pitié, fais que cela cesse, fais que cela cesse de faire mal... Larmes blanches et larmes rouges ruisselaient ensemble, et, finalement, son visage ne fut plus que loques et haillons, le visage qu'avait aimé Ned. Catelyn Stark leva ses mains et regarda le sang dégouliner le long de ses longs doigts, dégouliner le long de ses poignets, le regarda s'évanouir sous les manches de sa robe. Des vers, des vers rouges se mirent à ramper lentement le long de ses bras, sous ses vêtements, partout. Ça chatouille. Cela la fit rire et puis, brusquement , elle se mit à hurler. "Folle, dit quelqu'un, elle est devenue folle", et quelqu'un d'autre : "Finissons-en", et une main l'empoigna par les cheveux tout juste comme elle-même l'avait fait pour Tintinnabul, et elle pensa : Non, pas ça, ne me coupez pas les cheveux, Ned les aime, mes cheveux... Et puis l'acier toucha sa gorge, et la morsure en fut rouge et glacée.
Les noces pourpres, Le trône de fer tome 8, George R. R. Martin
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M., viens vite, tu me manques grave. plus que ? jours.
